L’énergie éolienne est-elle vraiment écologique ?

Aujourd’hui et depuis un petit moment, les alertes continuent et se multiplient sur l’urgence environnementale de notre planète (dérèglement climatique, catastrophe, perte de biodiversité, etc). L’écologie se retrouve donc au cœur de nombreuses préoccupations, et l’un des grands sujets de notre période est la transition énergétique et donc les énergies dites « durables, vertes, renouvelables » (énergie qui est faite à partir de ressources naturelles (vent, eau, solaire) et donc non épuisables).

En effet, aujourd’hui et dans de nombreux pays, la production d’électricité pollue énormément (à cause des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) qui polluent beaucoup par rejet de CO2). Mais aujourd’hui nous avons des modes alternatifs de production d’énergies, les énergies durables, qui se composent de la géothermie, de l’énergie solaire, de l’hydroélectrique, de la biomasse et de l’énergie éolienne. Et c’est cette dernière qui va nous intéresser. En effet, cette énergie est dite renouvelable et donc écologique en quelque sorte, mais nous allons voir que tout n’est pas rose.

Nous allons donc voir tous les impacts écologiques que cause l’énergie éolienne et voir si cette énergie est vraiment écologique. Dans un premier temps, nous verrons les matériaux requis pour la construction des éoliennes, puis l’impact de leur construction sur la faune et la flore ainsi que sur l’Homme. Et pour finir, nous allons parler de la production d’énergie et de la durée de vie d’une éolienne (pour voir si cette énergie est réellement rentable et utile).

1) Les matériaux pour la construction des éoliennes

On peut déjà se poser des questions : Quels sont les minerais rares et autres matériaux employés dans la fabrication des éoliennes ? Dans quel pays trouve-t-on ces matériaux ? Et dans quelles conditions sont-ils extraits ?

Au départ, on peut se dire que « les éoliennes sont une énergie verte/ renouvelable, c’est donc écologique ». Pas si sûr, car derrière certaines énergies vertes se cache une réalité bien plus noire.

En effet, aujourd’hui, pour construire les nouveaux outils technologiques, nous avons besoin de ce qu’on appelle « des terres rares ». Et les terres rares se trouvent dans diverses technologies vertes, en particulier dans la plupart des moteurs des voitures électriques mais aussi dans les éoliennes et les éoliennes off-shore (qui sont en train de prospérer dans le nord de la France [1]) . Il peut y avoir jusqu’à une tonne de terres rares par éolienne offshore. Ces métaux sont aujourd’hui indispensables pour la transition énergétique.

Et c’est en Chine, plus précisément en Mongolie intérieure, qu’il y a le plus de terres rares ainsi que la plus grande zone d’extraction mondiale de terres rares. En effet, c’est dans cette Mongolie intérieure que l’on extrait environ les ¾ des terres rares dans le monde. Et c’est dans la région de la ville de Baotou [2] qu’il y a une zone minière avec des mines qui se succèdent à ciel ouvert (pour extraire des terres rares). On a creusé suffisamment profondément pour mettre à nu la nappe phréatique (voir annexe 1). L’environnement ressemble aux usines des années 50. À l’intérieur, vous avez des hommes, qui travaillent dans des conditions matériellement très simples, se couvrant le visage avec des tissus pour éviter d’inhaler les poussières générées par l’extraction du graphite (respirer trop longtemps sans « masque », il y a un très grand risque de maladies telles que la silicose, les poumons se transforment en pierre) (voir annexe 2).

Ce sont les gueules noires des énergies vertes. Parce qu’il faut bien comprendre, que pour avoir de l’énergie propre (dans le cadre de l’éolien et autres) mais aussi pour rouler propre, rouler vert, rouler durable il va falloir encore creuser plus profondément. Et donc, en bout de chaine, vous êtes heureux d’avoir de l’énergie verte, mais en amont de cette chaine de production, il y a une mine et à l’intérieur des hommes qui creusent. En plus de l’impact sur la santé des travailleurs, l’extraction des terres rares est aussi un désastre pour l’environnement. À la périphérie de Baotou, en Mongolie intérieure, se trouvent des usines de raffinage de terres rares. Ce sont d’immenses complexes industriels qui rejettent toutes sortes de fumées (voir annexe 3).  Et les eaux usées qui sont générées par ce processus de raffinage sont directement rejetées dans un lac artificiel de 10 km3 (voir annexe 4). Ce lac artificiel, d’une taille très impressionnante, accumule toutes les eaux usées, chargées de produits chimiques qui ont permis le raffinage des terres rares. De plus, une certaine partie est aussi rejetée dans le fleuve jaune. Ce sont des impacts environnementaux évidents et énormes. Et ces usines s’étendent, elles ont besoin d’espaces. Elles rachètent des terrains, des villages sont donc rasés et les villageois ont été déplacés. D’autres villageois agriculteurs ne peuvent plus cultiver leurs terres. Et donc finalement, nous sommes en présence, ici, de ce que l’on pourrait appeler « les premiers réfugiés des énergies vertes ». Et ce n’est pas la première fois que les énergies vertes sont pointées du doigt. L’association Amnesty international a enquêté sur le travail d’enfants dans des mines de cobalt exploités par une compagnie chinoise en république démocratique du Congo [3] (cobalt nécessaire à la construction de moteurs/batteries d’éoliennes, panneaux solaires, moteurs de voiture). Il y a des mines artisanales dans lesquelles travaillent des enfants dans des conditions extrêmement dangereuses (sans matériel, ni casque, ni gant) et les tunnels sont susceptibles de s’effondrer d’un jour à l’autre. Pour finir, la poussière de cobalt extrêmement toxique, peut entrer dans les poumons et créer des maladies pulmonaires.                                         

Pour continuer, la construction du mât d’une éolienne nécessite de 25 à 40 tonnes d’acier selon les modèles. Les pales sont formées de composites, un mélange de résines et de fibres de verre (donc du sable), qu’on peine à recycler pour l’instant [4]. Pour le coté électronique, on a besoin également de quelques composants précieux tels que le silicium, l’aluminium ou des plastiques polypropylènes (pétrole). La plupart de ces éléments sont recyclables, et le problème c’est qu’ils ne sont pas encore recyclés, il reste donc à organiser ce recyclage.

2) Impact des éoliennes sur la faune, la flore et l’Homme

Maintenant, nous allons constater l’impact sur la biodiversité que peut avoir les éoliennes.

  • Les socles en bétons : Chaque machine nécessite en premier lieu un socle de béton, environ 600 à 800 tonnes par mât [5]. Ce qui provoque une destruction du sol, sous-sol et donc de la faune.
  • Le potentiel déboisement : L’installation d’une éolienne peut impliquer la coupe d’un boisé, principalement pour la construction d’éolienne ou encore les chemins d’accès et de lignes de transport d’électricité pour la transmission d’énergie produite. Il peut donc y avoir de la perte mais aussi de la fragmentation d’habitat pour la faune et la flore.
  • Impact sur les oiseaux [6]: Tout d’abord, nous savons grâce aux éoliennes quels sont les impacts d’une source d’énergie sur les oiseaux et/ou chauves-souris. En effet, il est beaucoup plus difficile, voire impossible, de quantifier les nuisances des centrales à charbon sur les oiseaux et/ou les chauves-souris (ou autre). Donc les oiseaux (et les chauves-souris) sont les animaux les plus touchés par les éoliennes et les parcs éoliens. Toutefois, les impacts des éoliennes sur les oiseaux s’avèrent minimes (les chats et la chasse tuent beaucoup plus). Mais il y a quand même un impact, et leur mortalité est due à :
  • Collisions des individus contre les éoliennes (oiseaux peuvent s’écraser contre les éoliennes)
  • Le dérangement lié à la présence des éoliennes (pollution sonore).
  • Le dérangement lié aux activités humaines durant la phase de construction des éoliennes (donc sur « une courte durée »).

Il faut donc éviter d’implanter des éoliennes sur (et/ou proche) des habitats de « nidification » ainsi que sur des corridors de déplacement des oiseaux durant la migration.

  • Impact sur les chauves-souris : L’impact est semblable à celui des oiseaux. En effet, les chauves-souris meurent aussi à cause des collisions directes avec les éoliennes. Mais il y a également un autre problème : d’autres chauves-souris peuvent mourir à cause du barotraumatisme [7]. Cet évènement se produit lors d’un changement de la pression de l’air, ce qui endommage les tissus corporels. Et il y a un changement brutal de pression de l’air à proximité des lames de l’éolienne. L’effet est comparable à l’action d’un plongeur qui remonte trop vite à la surface sans faire de palier. Cette chute de pression peut endommager ses poumons et entrainer la mort de la chauve-souris. 
  • Impact sur les paysages et les Hommes : On parle souvent du paysage « gâché » par les éoliennes. Les éoliennes occupent de l’espace (il faut une distance réglementaire de 500m entre le mât d’une éolienne et toute habitation voisine) et du champ visuel. De plus, le bruit (jour et nuit) est aussi une perturbation à proximité de l’éolienne. Cela peut donc gâcher le paysage ainsi que la tranquillité des personnes habitant aux alentours. Pour finir, le prix de l’immobilier proche d’une éolienne est grandement impacté (qui choisirait une maison à 500 m d’une machine de 180 m qui tournicote et fait du bruit jour et nuit par rapport à une maison calme ? Personne je pense) [8].

3) La production d’énergie et durée de vie des éoliennes

La principale caractéristique d’une éolienne est qu’elle a besoin de vent pour fonctionner. Elle produit de l’électricité uniquement lorsque le vent tourne et à une certaine vitesse. En effet, pour démarrer, une éolienne a besoin d’une vitesse de vent moyen minimale de 10-15 kilomètres/heure. Mais elle a aussi une limite, les vents moyens supérieurs à 90 kilomètres/heure. Au-delà, l’éolienne arrête de fonctionner par mesure de sécurité pour éviter qu’elle ne se casse (voir annexe 5). Il faut donc certains critères pour installer des éoliennes, on ne peut pas en installer partout.

Pour implanter une éolienne, il faut tenir compte de :

  • La quantité de vent exploitable durant l’année (voir annexe 6)
  • La qualité du vent : régularité d’écoulement, absence de turbulence…

Il y a des zones en France (et dans le monde) où il y a plus de vent, où le vent souffle le plus. Mais même dans ces zones, il n’y a pas de vent tout le temps. En effet, en fonction des saisons, la vitesse du vent peut varier et donc il peut y avoir une baisse de création d’énergie (voir annexe 7). On voit bien sur l’annexe 7 qu’il y a moins de vent en été qu’en hiver donc moins de production d’énergie. Il peut même y avoir des périodes de temps calme, sans vent. L’éolienne ne produit donc pas d’électricité et n’est d’aucune utilité.

De plus, il faut savoir qu’une éolienne possède une durée de vie entre 20 à 30 ans selon les constructeurs [9]. Après celle-ci, il faut démanteler l’/les éolienne(s) et cela a un coût. En France le démantèlement coûte environ 50 000 € par éolienne [4] [10] (ce qui est quand même conséquent). Mais au États-Unis, le coût complet de démantèlement d’une éolienne peut être supérieur à 600.000 € [11]. Au vue de tout cela, les États-Unis ont laissé plus de 14 000 éoliennes abandonnées [12], créant des champs d’éoliennes qui rouillent et ne fonctionnant plus (voir annexe 8). Car l’argent et l’énergie nécessaires pour les démanteler (et ensuite les détruire parce que majoritairement pas recyclables) sont bien trop importants.

Pour finir, grâce à l’annexe 9, on voit que l’énergie éolienne représente environ 6,3% du mix énergétique en 2019, ce qui est très insuffisant si on veut totalement remplacer les énergies fossiles. De plus, quand on voit le mince pourcentage que représente l’éolien actuel sur l’électricité globale produite et livrée, tel qu’il apparaît sur nos factures EDF, on peut se poser des questions.

Conclusion : 

Donc NON, contrairement aux idées reçues et à ce que l’on peut penser au premier abord, les éoliennes sont beaucoup moins « vertes » et ne sont pas si bonnes pour l’environnement. Elles sont « nuisibles » à notre environnement car elles sont moins efficaces que d’autres énergies. L’énergie qu’elles produisent coûte cher aux Français. De plus, les éoliennes tuent plusieurs milliers d’oiseaux et de chauves-souris chaque année et font fuir la faune sauvage.

Maintenant faut-il abandonner l’énergie éolienne ? Faut-il abandonner la transition énergétique ? Pour abandonner l’éolien, je ne sais pas (oui et non, en tout cas ne pas continuer à en construire), mais pour la transition énergétique il ne faut point l’abandonner. Je pense que la solution passe par plus d’encadrement ainsi que plus de recherches pour arrêter de délocaliser la pollution dans les pays pauvres. Il faut développer la recherche, des substituts, de façon à utiliser des matériaux qui, demain, seront moins polluants et aussi plus facilement recyclables. Il faut s’assurer d’un meilleur contrôle de nos chaines d’approvisionnement ainsi que de se fournir en matières premières dans des pays qui sont plus respectueux des réglementations sociales et environnementales. Oui pour les technologies vertes mais pas n’importe comment, encadrées avec des conditions bien précises afin d’éviter les effets pervers de la transition énergétique tels que nous les constatons actuellement.

Annexe :

Annexe 1 : Terrain creusé suffisamment profondément pour mettre à nu la nappe phréatique

Annexe 2 : Homme travaillant dans les mines de terres rares dans des conditions matériellement très simples (se couvrant le visage avec des tissus)

Annexe 3 : Usine de raffinage de terres rares qui rejette toutes sortes de fumées

Annexe 4 : Eaux usées générées par ce processus de raffinage qui sont directement déversées dans un lac artificiel

Annexe 5 : Courbe de puissance délivrée en pourcentage en fonction de la vitesse du vent en Km/h pour une éolienne

 Annexe 6 : Carte des vents en France ci-dessous

Annexe 7 : Variabilité mensuelle des productions éoliennes (et photovoltaïques)

 Annexe 8 : Champ d’éoliennes abandonnées aux États-Unis

Annexe 9 : Diagramme circulaire représentant le mix énergétique français en 2019. Source : RTE

Bibliographie :

[1] https://www.enviro2b.com/2019/06/25/eolien-offshore-projets-france/

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Baotou#cite_note-5

[3] https://www.amnesty.fr/responsabilite-des-entreprises/actualites/cobalt

[4] https://www.revolution-energetique.com/dossiers/le-demantelement-et-le-recyclage-des-eoliennes/

[5] https://factuel.afp.com/le-socle-des-eoliennes-resteront-dans-le-sol-apres-leur-demantelement-la-loi-francaise-prevoit-le

[6] https://reporterre.net/IMG/pdf/pap4_-_rapport_eolien_lpo_2017.pdf

[7] https://parlonssciences.ca/ressources-pedagogiques/les-stim-en-contexte/limpact-des-eoliennes-sur-les-oiseaux-et-les-chauves

[8] https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/reponses-sur-les-eoliennes-sur-quels-criteres-se-fondent-les-critiques

[9] https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/energie-renouvelable-duree-vie-eolienne-1035/

[10] http://www.journal-eolien.org/tout-sur-l-eolien/le-demantelement-dun-parc/#:~:text=Le%20montant%2C%20fix%C3%A9%20par%20arr%C3%AAt%C3%A9%20minist%C3%A9riel%2C%20s%E2%80%99%C3%A9l%C3%A8ve%20%C3%A0,%3A%20un%20march%C3%A9%20qui%20commence%20%C3%A0%20se%20d%C3%A9finir

[11] https://www.climato-realistes.fr/eoliennes-les-couts-caches/#:~:text=Le%20d%C3%A9mant%C3%A8lement%20d%E2%80%99une%20%C3%A9olienne,peut%20co%C3%BBter%20600.000%20%E2%82%AC.

[12] https://ventsetterritoires.blogspot.com/2016/11/le-grand-mensonge-14000-eoliennes.html

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